Je viens de commencer Les Bienveillantes de Jonathan Littell, qui a fait l’unanimité auprès des critiques littéraires. Même L’Académie Française lui a décerné son "grand prix"! Considérant le volume important de l’ouvrage, j’ai décidé de confier mes impressions, mes sentiments au fil de ma lecture.
Les toutes premières pages m’ont laissée tout d’abord indifférente ; rien dans le style, ni dans le fond ne me touchait. L’auteur possède une écriture sobre et sans finesse qui manque, à mon goût, de poésie bien qu’évidemment le thème ne s’y prête pas.
Le début m’est apparu abscons, je ne voyais pas exactemnet où le récit allait mener le lecteur. Puis, progressivement, le thème se précise, la "personnalité" du narrateur se dessine et cet ensemble nous donne la nausée. Les scènes d’extermination des juifs sont bouleversantes à la fois du fait qu’elles soient particulièrement circonstanciées et peintes par un personnage-narrateur agent de la SS. Horrifiantes de réalisme, ces pages ont été lues avec dégoût et répugnance, le narrateur nous embarquant dans un univers froid et malsain.
J’attends, pour l’instant ,de lire la suite, espérant toujours un trait de génie au coin d’une page pour comprendre l’engouement dont ce livre a fait l’objet!
Des souvenirs liés à trois destinations japonaises s’entrecroisent avec le destin de trois artistes autochtones. Philippe Forest retrace son voyage au Japon qu’il effectua avec sa femme peu de temps après la mort de leur fille de trois ans. Parallèlement à son voyage, il relate la vie de deux auteurs japonais qu’il étoffe d’événements imaginaires que, certainement, des éléments biographiques lui ont inspirés. Tous ces récits ont pour sujet commun le deuil d’un enfant engendrant le besoin d’écrire. Le dernier récit imaginaire, consacré au photographe des décombres de Nagasaki, est différent. Le sort des rescapés pris en photo lors de la catastrophe nucléaire, attise la curiosité du photographe vingt ans après ; Yamahata cherche à savoir ce qu’est devenu le bébé tétant le sein de sa mère figurant sur l’une de ces photos : il découvrira que cet enfant n’a survécu que quelques jours après la catastrophe.
Le dernier chapitre évoque le séjour de l’auteur et de sa femme à Kôbe ; cette ville, incontinent, le séduit, il y ressent comme une impression de déjà vu, elle lui remet en mémoire ce rêve à l’atmosphère jaunie qui avait hanté ses nuits. C’est par hasard qu’il découvre qu’un tremblement de terre eut lieu dans cette ville le lendemain de l’annonce du cancer des os de sa fille. L’abattement survenu corollairement à cette annonce lui fit perdre alors toute connexion avec la réalité du monde qui l’entourait. Seul un souvenir fugace d’une image de la catastrophe aperçue à cette époque, lui fit ouvrir les yeux sur la raison de cet attachement à la ville de Kôbe. Le tremblement de terre survenu dans cette ville datait de la même époque que la maladie de sa fille.
C’est le troisième roman que Philippe Forest écrit sur sa fille, même si ce dernier n’en parle qu’implicitement, le deuil de l’enfant est omniprésent. On ressent une douleur pesante de l’auteur dans ce roman qui nous laisse un goût amer. Le père, inconsolable, démuni de son enfant, subit la vie.
Thérèse Raquin de Zola
Le nom de cet auteur peut être rebutant pour certains ; on associe d'emblée à cet écrivain une lecture fastidieuse et rébarbative. Or, ce roman diffère de ceux auxquels on allie en général l'auteur (Germinal, l'Assomoir, etc.) : il se démarque par sa brièveté et par son intrigue. En voici le résumé :
Madame Raquin vit avec son fils Camille dont la santé fragile a failli lui faire perdre la vie à plusieurs reprises. Sa mère, depuis son plus jeune âge, consacre son temps à braver la maladie en surprotégeant le jeune Camille qui vit reclus. D’un tout autre tempérament, sa cousine, Thérèse, doit contenir ses penchants éréthiques lorsque son père, dont la compagne est morte, confie à sa soeur le soin de s’occuper d’elle. Les ardeurs de Thérèse, sa fougue ne cesseront d’être réprimés au contact de son cousin veule et apathique. Leur mariage devait suivre le cours des choses, comme de fait, Thérèse épouse Camille sans inclination. Désirant trouver un emploi afin de jouir d’une certaine liberté, Camille décide de gagner la ville et de s’y installer avec sa femme et sa mère ; cette dernière, volontaire, trouve une ancienne mercerie à rénover et décide de tenir le commerce avec sa belle-fille. Cette situation routinière enfermera Thérèse dans sa léthargie contrainte, même les "réunions du jeudi soir" établies par Madame Raquin la laisseront fermée et taciturne. Le tempérament de feu de Thèrèse, enfoui et contenu depuis qu’elle vit chez les Raquin, resurgit lors de l’intrusion de Laurent, un ancien camarade de classe de Camille. En présence de Laurent, Thérèse est troublée, et éprouve des émotions vives qui jusqu’alors étaient enfouies. Laurent, sensible à l’émoi qu’il provoque chez Thérèse, profite de la situation et devient son amant. Indispensable l’un à l’autre, les deux amants considèrent Camille comme une charge dont il faudrait se délester. L’idée du meurtre mûrit dans l’esprit de Laurent, idée qu’il mettra à exécution lors d’une excursion sur la Seine avec le couple Raquin. La nature chétive de Camille contribue à faciliter le meurtre ; Laurent poussera Camille dans la Seine sous les yeux terrifiés de Thérèse qui voit son mari se débattre et mordre violemment Laurent auquel il arrachera un morceau de chair au cou. Suit tout une comédie des deux meurtriers contraints de ne plus se voir pendant la durée du deuil afin d’éviter les soupçons. La vision du noyé à la morgue hantera les nuits de Laurent ; sa maîtresse non plus ne trouvera pas le sommeil. Le crime annihile tous leurs désirs et les torture psychologiquement. Croyant remédier à cette situation inconfortable en comblant leur solitude, ils décident de se marier le plus tôt possible. Afin d’éviter d’attirer tout soupçons dans leur entourage, ils font en sorte que l’idée de leur mariage émane de leurs proches. La nuit de noces tourne au cauchemar lorsque le noyé vient s’immiscer entre eux ; vision d’horreur qui ne cessera de les hanter. Ils ne vivront que dans l’attente du levé du soleil, chaque nuit est un supplice moral et psychologique. Cette torture s’apaise lorsqu’ils se retrouvent en société ; notamment lorsqu’ils sont en présence de Madame Raquin pour laquelle ils déploient maintes attentions. Cependant, la santé de Madame Raquin vient à s’altérer et les meurtriers craignent de se retrouver face à face dans leur horreur. La paralysie de Madame Raquin progresse peu à peu, seule subsiste la mobilité de ses yeux. Impuissants face à leurs troubles nerveux, Thérèse et Camille en viennent à révéler à demi-mot leur crime. Madame Raquin, comprenant l’infamie, fulmine claustrée dans sa paralysie ; sa volonté de vengeance est insatiable. Sa maigre consolation est de voir s'entre-déchirer les deux meurtriers qui ne peuvent plus tolérer le mal psychologique qui les ronge. Le suicide commun seul, les délivrera, commis sous les yeux délectés de Madame Raquin.
Ce roman fera scandale à l'époque de Zola qui, pour faire taire les médisants, écrira une préface dans laquelle il revendiquera le statut quasi scientifique pour les observations de son roman. En effet, Zola explore la psychologie humaine à des fins scientifiques. Il fait l’analyse circonstanciée des comportements humains, il dissèque la psychologie de ses personnages afin d’essayer de comprendre ce qui les meut. Zola est l'instigateur de la doctrine naturaliste qu'il développe dans son Roman expérimental (1880).
A l'heure d'internet et de tous ses blogs, il est temps pour moi de me lancer...
j'ai donc créé ce modeste blog dans lequel je parlerai essentiellement de mes lectures ( étant férue de littérature ). Je serai donc amenée à faire des résumés, donner mon avis sur mes lectures et surtout vous faire partager mes goûts...